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Mar 10 2015

L’interview de Mme Bridault dans la Voix du Nord

Mme Bridault a accordé une interview à La Voix du Nord qui a été publiée le 5 mars 2015. Les réponses aux questions du  journaliste nous semblent parfois sidérantes !

Mais il est vrai que certains thèmes abordés angoissent certains de nos adhérents. Nous proposons donc d’apporter notre éclairage sur ces  questions « à bâtons rompus » !

Consultez l’Interview de Mme Bridault en cliquant ici

 Notre éclairage sur ces questions

 

Pourquoi n’avez-vous pas déposé de recours après l’arrêt de la construction de votre élevage porcin sur décision du tribunal administratif de Lille, fin octobre 2013 ?

« Parce que ça ne servait à rien. »

La question est excellente ! C’est sûr que si elle pensait être dans son bon droit, elle aurait porté un recours au Conseil d’Etat pour reprendre ses travaux au plus vite. Là, elle fait trainer les choses … Si la question est bonne, la réponse est stupide, chacun sait que le recours au Conseil d’Etat est utile si on est sûr de soi ! S’il ne servait à rien, le Conseil d’Etat n’existerait pas !

 

Quelles ont été les conséquences sur votre élevage ?

« J’ai arrêté les truies ; j’en avais 110. Car je n’ai pas pu faire la mise aux normes bien-être animal. J’ai diminué mes effectifs pour correspondre aux normes, mais financièrement, je ne m’en sortais pas. Donc, on a modifié l’intérieur des bâtiments pour y mettre des porcs à l’engrais. Mes porcelets arrivent à 8 kg et s’en vont à 100 kg. J’en ai 80. Je ne fais plus la première étape, mais la deuxième. C’est une solution provisoire. »

Rien ni personne ne l’obligeait à modifier son élevage, les autorisations temporaires sont largement accordées par la Préfecture le temps de se mettre aux normes. Quoi qu’il en soit, actuellement elle poursuit son activité sans aucune entrave.

Et financièrement ?

« Je rembourse un prêt sur des travaux commencés sans pouvoir produire, sans rentrée d’argent. »

Les travaux ont commencé alors qu’un recours contre le permis de construire était engagé, l’EARL a pris un risque énorme en toute connaissance de cause, les promoteurs savaient que le permis de construire n’était pas définitif ! C’était un passage en force, qui réussit quasiment toujours, mais pas cette fois. La décision de suspendre des travaux, prise par le Tribunal Administratif, atteste que notre recours n’était en rien abusif.

Combien de temps cela va-t-il durer ?

« On attend que le tribunal administratif nous donne une date de jugement. J’attends que mon avocat m’appelle. »

Comment vivez-vous cette situation ?

« On la vit au jour le jour. Normalement, j’ai droit à une procédure accélérée, en raison du fait que les travaux sont arrêtés. Or, j’attends depuis seize mois… »

Là, je dois reconnaître que je suis un peu de son avis, les procédures sont particulièrement longues et même si, possiblement, le temps qui passe peut jouer en notre faveur, ces délais ne sont pas de notre fait !

Que va-t-il se passer après la décision en faveur ou défaveur de la reprise des travaux ?

« Dans tous les cas, on repassera devant la justice. Si c’est oui, il va falloir que quelqu’un paye le manque à gagner. Si c’est non, alors il faudra qu’on m’explique comment monsieur le maire a pu délivrer un permis de construire non conforme. »

Reprocher à un maire de signer (signer et non pas accorder) un permis, devenu non-conforme, que l’on a soi-même monté, faut oser !!! Qui dans ce cas est incompétent !!! Je rappelle qu’il s’agit ici d’un permis tacite qu’aucun service technique n’a étudié. Je suis là-dessus d’accord avec Jean-Paul Lefait, un maire n’a pas les compétences théoriques pour juger de la validité d’un tel dossier ! Par contre, il aurait probablement dû ne pas signer et engager un bras de fer avec la Préfecture, mais c’est une autre histoire …

Pour la première assertion, en droit français, tout à chacun peut déposer un recours contre un PC, à condition que celui-ci ne soit pas abusif ; c’est bien le cas ici, d’ailleurs la décision du TA sur le recours suspensif conforte cette évidence.

Sur le manque à gagner, c’est une blague !!! Olivier Fagoo, responsable du secteur porcin FDSEA, nous annonce qu’il perd actuellement 30.00€ par porc ! La production annuelle de l’EARL étant de 8402 porcs, nous évitons, en ce moment, à Mme Bridault de perdre 252 060 €/an ! CQFD, mais il faut savoir ce que l’on raconte.

Votre élevage est bien prévu pour accueillir 4 500 bêtes ?

« 4 500 équivalents animaux. Ce sont des termes administratifs. Cela correspond à un élevage de 282 truies productives, soit 312 truies présentes. »

Mais 4 500, c’est bien la capacité maximale ?

« Ce ne sera jamais plein, cela le sera environ aux deux tiers. »

Toujours du mal à avouer qu’il y aura bien 4.500 animaux en présence permanente sur le site (et même bien davantage si on ajoute les porcelets non sevrés qui sont, eux-aussi, des « êtres vivants doués de sensibilité ») ! Dire que le site ne sera rempli qu’au deux tiers est un mensonge, mensonge assumé une fois de plus ! Pour une production annoncée de 8 402 porcs charcutiers par an, le taux d’occupation est obligatoirement supérieur à 90% (l’élevage en bandes permettant sans problème cette optimisation maximale de la surface disponible).

Y a-t-il d’autres élevages de cette taille dans la région ?

« On ne va pas aller les dénoncer. Mais il y en a partout. C’est un élevage moyen et un minimum pour être viable. La moyenne est d’environ 110 truies par élevage dans le Nord-Pas-de-Calais. »

Non, des élevages industriels de ce genre, il n’y en a pas partout, c’est un mensonge de plus ! Il y a environ 400 élevages de porcs dans notre région, celui d’Heuringhem fait partie des 14 les plus importants ! Ce n’est donc pas, à l’évidence, un élevage de taille moyenne ! En plus, Mme Bridault se contredit en quelques lignes, elle affirme que son élevage est un élevage moyen, il devrait donc contenir environ 110 truies mais avoue quelques lignes au-dessus 312 truies !

Que vous apporte la FDSEA ?

« C’est un soutien au quotidien. À travers mon projet, c’est tous les agriculteurs qui se sentent concernés, attaqués. La profession est salie. »

Encore une généralisation mensongère ! La FNSEA n’est pas le monde agricole ! Pour la Confédération Paysanne, autre organisation d’agriculteurs, ce sont des projets du genre de celui d’Heuringhem qui nuisent à la profession et aux agriculteurs !

Vous arrive-t-il de douter ?

« Non, je sais que ce que je projette est correct. J’ai été super carrée. Mais quand on se lève le matin, on n’est pas tous les jours joyeux. C’est de vivre dans l’attente qui est le plus pesant. Moralement, ce n’est pas facile. Mais j’irai jusqu’au bout. »

Comme le dit xxx, elle joue la carte de la victimisation ! Pour moi, les victimes sont ailleurs : animaux, eaux de surface et de nappe, zones protégées NATURA 2000, riverains, …

Vous lancer dans un élevage de porcs bio en plein air comme à La Ferme du Beau Pays à Borre, ça ne vous a jamais tenté, pourquoi ?

« Ce ne sont pas les mêmes conditions de travail. Pas les mêmes objectifs, c’est tout. Mon dossier répond à toutes les réglementations. Pourquoi faudrait-il renoncer parce qu’on n’est pas en phase avec telle ou telle idéologie ? J’ai envie d’élever mes porcs comme ça. Mon dossier a été mûrement réfléchi pendant plus de deux ans. »

Projet carré, projet correct, dossier mûrement réfléchi, respect des réglementations, … Mme Bridault n’a pas dû bien relire « son » dossier, les oublis, les erreurs sont légions et jette le discrédit sur le dossier ICPE.

Vous n’avez jamais imaginé que cela tournerait ainsi ?

« Non, car c’est incompréhensible. Tout a été pensé pour gêner le moins possible. Je ne suis pas d’une nature à aller me montrer. Ce qui m’a énormément fait bizarre, c’est cette médiatisation. C’est une profession pour laquelle j’ai mené toutes mes études et je suis encore des formations. Je ne vois pas ce qu’on fait de mal. Moi, je ne vais pas m’aventurer apprenti sorcier et dire à d’autres comment ils doivent travailler. On ne m’a jamais embêtée auparavant, ici. Et aujourd’hui, alors que j’ai l’intention de délocaliser, de quitter le centre du village pour faire mieux, on le fait ? »

Encore la victimisation !

Trois ans plus tard, à la faveur d’autres événements, votre projet a-t-il évolué ?

« Il est identique et encore plus motivé, car maintenant j’ai un bébé. Il va avoir huit mois. »

Après la victimisation, on joue sur la sensiblerie !

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