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Mar 29 2013

Ils ont osé dire oui au projet !

Le 29 mars 2013, le préfet du Pas-de-Calais, Denis Robin, a donner son autorisation pour la construction de la porcherie industrielle d’Heuringhem.

Mais notre détermination reste sans faille car notre combat est juste !
Nous déposerons un recours au Tribunal administratif dans les plus brefs délais !

Ci-dessous les réactions d’AIVES et du député Michel Lefait

 

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Réaction d’AIVES après la décision du Préfet d’autoriser la porcherie industrielle d’Heuringhem

 

 

 

 

 

Nous prenons acte de la décision du Préfet de donner l’autorisation d’exploiter la porcherie industrielle d’Heuringhem.

Nous regrettons vivement cette décision prise en dépit de la parole donnée par le Préfet du Pas de Calais à notre député Michel Lefait, mais aussi en dépit du bon sens ! Malgré la prise en compte de certaines de nos revendications, le compte n’y est pas !

Nous considérons que cette décision n’a pas de légitimité populaire, la grande majorité des populations les plus concernées (Heuringhem et Ecques) s’étant exprimée contre le projet : pétitions, manifestations, adhésions massives à l’AIVES, …

Nous considérons que cette décision est prise en dépit de l’avis de tous les élus locaux qui se sont prononcés contre ce projet :

  • les maires des communes d’Heuringhem (M. Jean-Paul Lefait), d’Ecques (M. Yvon Bertin) et de Quiestède (M. Alain Tellier).
  • les conseillers généraux et régionaux : M. Michel Lefait, Mme Rembotte, M. Dissaux, … Le Conseil Régional du Nord-Pas de Calais nous a apporté son soutien.
  • le député M. Michel Lefait qui s’est battu sans relâche contre ce projet au niveau des ministères de l’Ecologie et de l’Agriculture, et du Préfet.
  • des élus plus éloignés qui nous ont aidés dans nos démarches : M. Cappet, député de Calais ; M. Jean-Claude Leroy, sénateur ; M. Allexandre, conseiller général ; M. Boulnois, maire de Norrent-Fontes ; …

Le Préfet s’est appuyé sur les avis des experts des services de l’état et des experts mandatés (et payés) par les promoteurs du projet. Nous ne mettons pas en cause leurs compétences, nous aurions simplement souhaité qu’ils examinent nos arguments en profondeur, ce qu’ils n’ont pas fait. Pourtant la Bretagne nous a montré le triste résultat que cela peut donner.

La décision du Préfet a été prise après le feu vert donné par M. Le Foll, Ministre de l’Agriculture ! Alors que ce dernier prône en paroles une agriculture plus responsable et plus écologique, il a manifestement cédé aux pressions de certains groupes sans écouter les arguments forts de nos représentants démocratiquement élus. Il a aussi fait changer d’avis le ministère de l’écologie (favorable à un moment donné à notre cause).

Les deux décideurs que sont M. Denis Robin, Préfet du Pas de Calais, et M. Le Foll, Ministre de l’Agriculture, mis au courant de tous les dangers potentiels de ce projet, seront responsables en cas d’accident ou de pollution. Nous prenons date.

Si nos arguments n’ont pas été retenus, voire pas étudiés, par les autorités préfectorales et le ministère de l’Agriculture, nous les défendrons devant le Tribunal Administratif de Lille. Les juges, eux, n’ont pas pour habitude de céder aux pressions, d’où qu’elles viennent.

Par ailleurs nous nous réservons le droit de manifester notre opposition à cette autorisation par des actions locales.

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Réaction de Michel Lefait  , Député de la 8ième circonscription du Pas-de-Calais

LA POTION AMERE

 

 

 

La décision est tombée : la porcherie industrielle d’Heuringhem se fera !

Maintenant que les dés sont jetés, et après avoir tout tenté jusqu’au dernier jour pour empêcher un projet que j’ai toujours trouvé dangereux pour la santé publique, je veux m’exprimer ici sans langue de bois pour pointer toutes les responsabilités et prendre date pour l’avenir.

Si j’ai, dès le début de cette triste affaire, exprimé à la fois mes craintes et les raisons de mon opposition qui ne visait personne en particulier, et surtout pas les porteurs du projet, c’est que je le pensais hautement risqué pour nos réserves d’eau potable précieuses, vulnérables et fragiles.

Rien d’autre que l’idée que je me fais de mes responsabilités d’élu et de  représentant des populations qui me font confiance, n’a guidé mon action ni inspiré mon combat.

C’est parce j’étais intimement convaincu, qu’en cette matière comme en beaucoup d’autres, on joue aux apprentis sorciers, que j’ai décidé de jeter  -malheureusement sans succès – toutes mes forces dans cette bataille incertaine.

Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir sensibilisé tous les décideurs concernés à la nocivité de ce projet et aux menaces objectives qu’un élevage industriel de 5000 porcs par an ferait immanquablement courir un jour ou l’autre à nos précieux gisements aquifères , en dépit des doctes et lénifiants avis rendus sur le sujet par d’ infaillibles technocrates …

A commencer par le Préfet du département qui, probablement ébranlé par mes mises en garde d’ordre sanitaire, s’était engagé à me suivre en interdisant, après un délai de réflexion, une telle exploitation à un endroit aussi sensible.

Aujourd’hui, je regrette amèrement qu’il n’y ait pas eu en l’espèce respect de la parole donnée… Mais je dois à la vérité de dire que j’ai inlassablement fait le siège du pouvoir politique national en lui démontrant, preuves à l’appui, le danger encouru par l’environnement naturel, les biotopes irremplaçables , et par-dessus tout par une ressource en eau qui alimente plus d’un million d’habitants, des cressonnières, et d’importantes industries agro-alimentaires.

Et si, dans un premier temps, le Ministère de l’Ecologie m’a semblé sensible et réceptif à mes arguments, je suis obligé de reconnaître que celui de l’Agriculture a fini par imposer sa loi, prisonnier qu’il reste depuis des décennies de sa cogestion de l’agriculture nationale avec un syndicat dominant et ce, quelle que soit la couleur des Gouvernements successifs.

Ainsi, ce sont les tenants d’un modèle d’ agriculture et d’élevage intensif et productiviste qui l’ont emporté une fois de plus face aux pouvoirs publics! Et ceci, au détriment des exploitations à taille humaine qui, à la différence de celles qui ont notamment conduit au désastre des algues vertes, sont beaucoup plus respectueuses de l’environnement et maintiennent des emplois pérennes à la campagne.

C’est contre cet effacement trop fréquent de l’intérêt général devant la toute puissance et l’intimidation d’un groupe de pression corporatiste que , plus que jamais, je m’élève et m’insurge.
Voilà pourquoi je prends aujourd’hui solennellement à témoin l’opinion publique des risques démesurés pris par les auteurs de cette décision, et que je les désigne à l’avance comme seuls responsables d’une macro pollution des eaux de nappe et de surface, voire d’un empoisonnement collectif, qui ne manqueront pas, hélas, de survenir.

Car on peut bien nous dire aujourd’hui pour se dédouaner à l’avance que cette exploitation  » sera conforme aux normes sanitaires et environnementales », le danger potentiel de dysfonctionnement reste énorme !

Et on ne peut se résigner à ce que notre nappe de craie bleue, déjà gorgée de nitrates, de pesticides et de perchlorates, soit un jour ensemencée de coliformes fécaux !

Aussi, devant l’importance de cet enjeu de santé publique, j’invite et encourage fortement les institutions et personnes physiques habilitées à le faire, à introduire sans attendre un recours en bonne et due forme contre l’arrêté préfectoral devant la juridiction administrative compétente.

Tout espoir n’est pas perdu car les jurisprudences constatées récemment en la matière dans plusieurs départements nous autorisent à penser qu’en finalité le bon sens l’emportera et que justice sera rendue à notre population et à notre territoire.

Retrouvez le texte sur le blog de Michel Lefait en cliquant ici

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Articles parus dans les journaux
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5 avril 2013 L’indépendant Exploitation, extension, et transfert de la porcherie d’Heuringhem : Le Préfet donne son autorisation
4 avril 2013 L’Echo de la Lys Porcherie : le préfet dit oui, un recours au tribunal administratif se prépare  
30 mars 2013 Le parisien Pas-de-Calais : une porcherie qui fait grogner
29 mars 2013 Voix du Nord Heuringhem : le préfet dit «oui» à l’extension de porcherie
29 mars 2013 France 3 Nord pas de calais Heuringhem : le préfet dit «oui» à la porcherie
29 mars 2013 L’Echo de la Lys Porcherie d’Heuringhem : feu vert du préfet
Autres Contributions
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Philippe Lecocq Lettre aux Conseillers Municipaux d’Ecques
Antoine Jean porte parole régional de la confédération paysanne Communiqué de Presse : «Élevage : Stop à la FOLL fuite en avant !»

 

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