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Avr 04 2013

Confédération Paysanne : Élevage : Stop à la FOLL fuite en avant !

La Confédération Paysanne a publié le 4 avril le  communiqué de presse suivant.

 

Saint Laurent Blangy, le 4 avril 2013

 

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

 

Élevage : Stop à la FOLL fuite en avant !

4 500 porcs à Heuringhem, 500-1000 vaches à Drucat-le-Plessiel (Somme) et demain, peut-être 100 000 poulets à Airon-Saint-Vaast … La liste des élevages industriels recevant une autorisation préfectorale ordonnée par notre Ministre sous l’emprise du méthane s’allonge. Comme la représentation politique locale, la population et tous ceux qui ont espéré un changement, notre syndicat paysan ressent déjà une certaine désespérance face à ce gouvernement et à tant de compromission.

Le 29 mars dernier, le Préfet du Pas-de-Calais convaincu de la dangerosité du projet mais rappelé à l’ordre par le pouvoir central revenait sur son opposition à la création d’une porcherie de 4 500 places non loin de Saint-Omer dans un secteur très sensible en matière de pollution des eaux de surfaces et sous-terraines. C’est une nouvelle illustration de la capacité de la FNSEA de faire encore plier jusqu’à l’Élysée sur ces dossiers comme sur la directive nitrate européenne quite à mettre la France à l’amende et à s’asseoir sur l’intérêt général. Pourtant, ce syndicat ne représente plus qu’environ 30 % des agriculteurs (37 % en région). Lorsqu’on lui ajoute le poids de ses alliés de l’agro-industrie, de l’industrie agro-alimentaire et de la distribution, cela donne un pouvoir financier suffisant pour que des « socialistes » y perdent leur Nord et rentrent dans le rang de la cogestion à l’oeuvre depuis 60 ans à droite comme à « gauche ».

Sans chercher à voir en Le Foll un lobbyiste verreux déguisé en Ministre comme Cahuzac a pu l’être pour l’industrie pharmaceutique, nous nous refusons, comme de nombreux autres y compris au PS, à accepter le modèle d’agriculture duale auquel le Ministre semble croire. Lancer un plan 1 000 méthaniseurs pour 2020 sans s’attaquer aux problèmes de l’élevage, lever les verrous à l’industrialisation de l’agriculture en sacrifiant des territoires et leurs populations d’un côté et se donner bonne conscience en soutenant ça et là une agriculture génératrice d’emploi, de lien social, respectueuse de l’environnement et productrice d’aliment et de services de qualité de l’autre, ça ne suffira pas pour faire avaler profondément la couleuvre aux citoyens. En effet, ils ne pourront même plus boire l’eau du robinet ! Sans parler des nouvelles pertes d’emplois agricoles liées à la restruscturation continue du secteur agro-alimentaire qui pourrait pourtant, si on le voulait vraiment, être bien plus générateur d’emploi qu’il ne l’est. Tandis que le prix du lait payé au producteur oscille sans jamais atteindre les 450€/1 000 l qu’il faudrait pour préserver des éleveurs nombreux, un environnement de qualité et la qualité des produits, le prix du porc est si bas qu’il rend la spirale de l’industrialisation quasi-inévitable pour qui veut rester éleveur.

Dans la mesure où le gouvernement n’a pas et n’entend pas se donner d’autre projet politique agricole et alimentaire que celui des lobbys, la Confédération paysanne en appelle à l’application du principe de précaution. FAUDRA-T-IL EN ARRIVER, COMME POUR LES OGM, À UN DÉMONTAGE PRÉVENTIF ET SYSTÉMATIQUE DES CHANTIERS D’ÉLEVAGES INDUSTRIELS AINSI QU’AU BOYCOTT DES FILIÈRES OÙ LES PRODUITS DE CES USINES IRONT ? Demain, une manifestation non-violente est organisée sur le chantier de l’usine des 1000 vaches du groupe Ramery près d’Abbeville.

Antoine Jean, porte-parole régional

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